replique montre

replique montre
replique montre

dimanche 10 avril 2011

Le principe de Fadela

Le temps passe et il est parfois cruel pour la politique gouvernementale. Il y a deux ans à Vaulx-en-Velin (69), Fadela Amara, secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville, révélait les grandes lignes du Plan espoir banlieues. Ce n’était certes pas le plan Marshall pour les banlieues annoncé par le candidat Nicolas Sarkozy en 2007, mais l’ambition affichée en périphérie de Lyon allait au-delà du plan ? anti-glandouille ? de la toute fra?che absorption du sarkozysme.
Il y a un an dans ces colonnes, je disais rêver de Fadela Amara et plus précisément de l’application de son plan pour enfin désenclaver et redynamiser nos quartiers populaires. Las, deux ans après les roulements de tambours de Vaulx-en-Velin, force est de constater à la lecture de ces quelques chiffres que le dép?t de bilan est avéré :
- 1 habitant sur 3 sur les 5 millions d’habitants résident dans les ZUS (Zones urbaines sensibles) vit sous le seuil de pauvreté (880€/mois).

- Le taux de ch?mage est de 16,9% de la population dans les ZUS contre 7,7% dans les autres quartiers de la même agglomération, selon le rapport annuel de l’Observatoire national des ZUS de novembre 2009.

- Sur les 45 000 contrats d’autonomie prévus, seuls 13 338 sont signés et 1162 ont débouché sur une formation ou un emploi pour 30 millions d’euros de dépensés.

- 520 millions d’euros sont affectés au désenclavement des quartiers sur toute la France, ce qui est bien modeste comparé aux plus de 800 millions d’euros prévus par le préfet des Hauts-de-Seine pour l’enfouissement de la seule N13 à Neuilly.

- 9 villes ont mis en place le ? busing ? (on évacue par bus quotidiennement de leurs quartiers d’habitation des enfants vers des établissements aux véritables normes républicaines) sur les 50 prévues.

- 1 internat d’excellence (kidnapping légal des meilleurs élèves assignés à résidence loin de leurs quartiers, au risque de démobiliser un peu plus les équipes pédagogiques et autres enfants restés sur place) à Sourdun en Seine-et-Marne regroupant 120 élèves.

- +24,8% de ch?meurs entre 2008 et 2009 pour les moins de 26 ans dans les ZUS, selon le P?le emploi.
Comment expliquer cette banqueroute, dommageable pour les fondements de notre société ? Attardons-nous sur ce choix que fut la nomination de Fadela Amara au secrétaire d’Etat à la ville. Au même titre que les nominations de Rachida Dati et Rama Yade, il fut dicté en grande partie par une volonté du nouveau président de la République de faire de la discrimination positive, au détriment – rétrospectivement et au regard des parcours politiques quelque peu chaotiques de chacune depuis – des critères de compétences indispensables à ce niveau de responsabilité.
En découle une illustration grandeur nationale du principe de Peter, sociologue américain qui écrivait en 1969 ? que dans une hiérarchie, tout employé à tendance à s’élever à son niveau d’incompétence ?. Fadela Amara fut une excellente présidente de l’association Ni putes, ni soumises. Elle souleva courageusement grace à un incontestable talent médiatique, des problématiques essentielles sur les droits et la place des femmes dans les quartiers. Mais de là à prendre en charge la politique de la ville de l’Etat afin de transformer structurellement notre pays, il y a un pas qui à l’analyse des insignifiants résultats de sa politique, n’a pas été franchi.
Certes, à sa décharge, la secrétaire d’Etat ne dispose pas des moyens budgétaires et politiques nécessaires au regard des enjeux. Mais à qui la faute ? A quoi sert un titre ou une fonction aussi prestigieux soient-ils, sans les moyens de ses ambitions ?
Au final, ce qui restera au passif de l’action gouvernementale de Fadela Amara, c’est une profonde désillusion provoquée par cette politique de la ville censée bénéficier aux plus fragiles. Politique en trompe-l’?il, mais qui a cessé de trompé notre ?il pour y faire jaillir une larme de dépit, et parfois de rage face aux détresses humaines. Cette rage qui risque de provoquer un mal redoutable en ces temps de crise : la mise à mort de l’espoir d’un pays plus juste ou simplement solidaire, pour ne pas dire fraternel.
Fadela Amara redevable en tout à Nicolas Sarkozy et par conséquent capable de défendre l’indéfendable (saisine de la HALDE pour discrimination du prince Jean Sarkozy dans l’affaire de l’Epad), nous a gratifiés récemment d’une sortie médiatique en regrettable écho à son mentor : ? Il faut nettoyer au K?rcher cette violence qui tue nos enfants dans nos cités. ? Cette phrase n’est-elle pas le plus terrible aveu de l’échec de sa politique et, au-delà, de nos gouvernants notamment en matière sécuritaire (+14% de violences aux personnes entre 2003 et 2008) ?
S’agissant du devenir de Fadela Amara, qui se jouera dans le cadre du remaniement gouvernemental prévu après les régionales de mars 2010, gageons sans grand risque de nous fourvoyer que notre pragmatique président, à ses heures directeur des ressources humaines, appliquera une version moderne et aggravée du principe de Peter, qui n’est autre que le principe de Dilbert : ? Les gens les moins compétents sont systématiquement affectés aux postes où ils risquent de causer le moins de dégats : l’encadrement. ? La HALDE ou d’autres institutions prestigieuses plus ou moins utiles, seront pour elle de dynamiques placards dorés ? anti-glandouille ?.

rolex

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

replique rolex

replique rolex
replique rolex